Calcul de la taxe d’aménagement

long10Base de calcul et abattements

Tout projet soumis à une autorisation d’urbanisme est redevable de la Taxe d’aménagement. Il faut bien-sûr que l’autorisation soit validée, un permis de construire qui ne serait pas accordé ne sera pas taxé, bien entendu. Le fait générateur de cette taxe sera donc l’arrêté de validation ou de non opposition à un permis de construire, un permis d’aménager, un permis modificatif ou une déclaration préalable. Ceci s’entend pour une construction neuve ou des travaux sur un bâtiment existant ainsi que pour les projets d’installation ou aménagement.

Base de calcul de la Taxe d’aménagement

La Taxe d’aménagement est déterminée selon deux modes de calculs différents :

  • la surface en mètres carrés de la construction prévue. Cette surface est mesurée et déclarée lors du dépôt du dossier d’autorisation et s’appelle la surface taxable. Nous l’avons déjà défini précisément, nous ne reviendrons pas dessus. En 2014, la valeur du m² a été fixée à 712€ hors Ile-de-France et 807€ en Ile-de-France (en baisse par rapport à 2013).
  • une valeur définie forfaitairement pour chaque cas lorsque le projet concerne un aménagement ou une installation. La fiscalité prévoit à ce titre six cas particuliers auxquels seront appliquées des valeurs forfaitaires fixes :
    1. les tentes, caravanes, et résidence mobile de loisir sont comptabilisées par emplacement. La valeur forfaitaire de chaque emplacement est de 3 000€ ;
    2. les habitations légères de loisirs (HLL) sont également comptabilisées par emplacement. La valeur forfaitaire de chaque emplacement est de 10 000€ ;
    3. les piscines sont comptabilisées par mètre carré. La valeur forfaitaire du m² est de 200€ ;
    4. les éoliennes dont la hauteur est supérieure à 12m sont comptabilisées par unité. La valeur forfaitaire d’une éolienne est fixée à 3 000€ ;
    5. les panneaux photovoltaïques situés au sol sont comptabilisées par mètre carré de panneaux. La valeur forfaitaire du m² est de 10€ ;
    6. les places de stationnement qui ne sont pas intégrées à la surface taxable d’une construction sont comptabilisées par emplacement. La valeur forfaitaire de chaque place est de 2 000€ en règle général et peut aller jusqu’à 5 000€ par délibération de l’administration locale.

Attention, ces valeurs forfaitaires ne représentent pas le montant de la Taxe qui sera attribuée à chaque emplacement ou à chaque mètre carré. Elles sont la valeur de référence fixée pour chacun de ces cas, valeur qui entrera dans la formule de calcul de la Taxe d’aménagement finale. Une place de stationnement, par exemple,  ne sera pas soumise à une taxe de 3 000€ mais ce montant servira de base au calcul final.
Le calcul de la Taxe d’aménagement (TA) s’effectue comme suit :
– pour les constructions dont la surface taxable est prise en compte :
TA = (surface taxable en m²) x (valeur du m² à la date d’autorisation) x (Taux communal) + (surface taxable en m²) x (valeur du m² à la date d’autorisation) x (Taux départemental).
Avec une valeur du m² à 712 ou 807€ comme dit plus haut.
– pour les aménagements ou installation comptabilisés par emplacement, unité ou m² :
TA = (nombre d’emplacements ou unités ou surface en m²) x (valeur de l’emplacement ou unité ou surface à la date d’autorisation) x (Taux communal) + (nombre d’emplacements ou unités ou surface en m²) x (valeur de l’emplacement ou unité ou surface à la date d’autorisation) x (Taux départemental).

Les taux d’imposition

Le taux d’imposition, exprimé en pourcentage, possède une part communale et une part départementale ainsi qu’une part régionale pour l’Ile-de-France.

  • pour la part communal, celui-ci est fixé par délibération locale pour une durée d’un an reconductible en l’absence de nouvelle délibération. Fixée entre 1 et 5%, le taux est inscrit au PLU (ou POS) pour les communes qui en possèdent un ou annoncé par voie d’affichage en mairie si la commune ne possède pas de document d’urbanisme. En cas de dépenses locales importantes d’équipements, de voiries ou de réseaux, le taux peut être augmenté par délibération motivée jusqu’à un maximum de 20% ;
  • pour la part départementale, ce sont les conseils généraux qui fixent le taux, valable pour un an reconductible également. Le taux maximum est fixé à 2.5% ;
  • une part pour la région Ile-de-France a été instituée également. Elle est définie en conseil régional pour une durée d’un an reconductible et ne peut être supérieure à 1% avec de possibles taux différents selon les départements.

Les abattements

Dans l’ensemble des projets de construction ou d’aménagement entrant dans le cadre de la Taxe d’aménagement, le législateur a prévu un abattement de 50% pour les cas suivants :

  • abattement de 50% sur les 100 premiers mètres carrés des locaux d’habitation ainsi que leurs annexes, destinés à l’habitation principale ;
  • abattement de 50% pour tout local industriel et artisanal ainsi que leurs annexes, pour les entrepôts et hangars utilisés dans un but commercial mais non ouverts au public et pour les parcs de stationnement couverts exploités commercialement ;
  • abattement de 50% pour les locaux d’habitation et d’hébergement et leurs annexes ainsi que ceux en Guyane et à Mayotte qui se trouvent définis aux articles 278 sexies et 296 ter du code général des impôts.

L’abattement de 50% est pris en compte sur la valeur du m².

Exemple :
soit la construction d’une maison de 150m² de surface taxable – hors Ile-de-France (valeur du m² = 712€) – Taux communal = 1.5% – Taux départemental = 2% :
– abattement de 50% sur la valeur du m² = 712/2 = 356€ ;
– TA avec abattement de 50% sur les 100 premiers m² de la construction : TA = (100 x 356 x 1.5%) + (100 x 356 x 2%) = 534 + 712 = 1 246€
– TA sans abattement sur le reste de la construction : TA = (50 x 712 x 1.5%) + (50 x 712 x 2%) = 540 + 712 = 1 252€
La Taxe d’aménagement dans cet exemple sera de 1 246 + 1 252 = 2 498€.

Prise en compte de l’existant pour l’abattement dans le cadre de travaux sur un bâtiment existant.

Lorsque l’on agrandit un bâtiment existant, l’abattement de 50% sur les 100 premiers m² se mesure en tenant compte de la surface taxable existante. C’est pourquoi il est nécessaire et demandé dans le formulaire CERFA adapté au projet de déclarer la surface taxable de la partie existante.
La déclaration des deux surfaces taxables, de la future construction et de l’existant permet à l’administration de valider la possibilité ou non d’abattement.
Les 100 premiers mètres carrés sont donc mesurés existant compris. Si l’existant fait plus de 100m² de surface taxable, alors il n’y aura pas d’abattement possible pour la future construction. S’il fait moins de 100m², l’abattement sera possible sur la différence résiduelle entre la surface taxable existante et les 100m² de référence.

Deux exemples simples permettent d’en comprendre le principe.

Exemple 1 :
– soit une maison existante possédant un garage intégré, d’une surface de plancher de 80m² et d’une surface taxable de 115m².
Rappel : la garage fait partie de la surface taxable mais n’est pas comptabilisé dans la surface de plancher.
– soit un projet d’extension de cette maison comprenant une pièce supplémentaire de 17m² de surface de plancher et de surface taxable.
La surface taxable (ST) prise en compte pour vérifier la possibilité d’abattement sur l’extension sera celle de l’ensemble maison existante + extension.
La ST de la maison étant déjà supérieure à 100m² (ici 115m²), il ne reste pas de possibilité d’abattement de 50% pour les premiers 100m². L’extension sera donc considérée à taux plein en regard de la Taxe d’aménagement, celle-ci sera calculée comme dans l’exemple précédent sans abattement pour les 17m² construit.

Exemple 2 :

– soit une maison existante sans garage d’une surface de plancher de 80m² et d’une surface taxable de 80m².
– soit un projet d’extension de cette maison comprenant une pièce supplémentaire de 17m² de surface de plancher et de surface taxable.
La surface taxable (ST) prise en compte pour vérifier la possibilité d’abattement sera celle de l’ensemble maison existante + extension.
La ST de la maison n’atteignant pas les 100m² (80m²), il reste donc 20m² de surface résiduelle sur laquelle il est possible, pour l’extension, de bénéficier de l’abattement de 50% pour les premiers 100m². Le total maison + extension étant de 97m², l’extension bénéficiera d’un abattement sur la totalité de sa surface taxable.

La Taxe d’aménagement fait suite à la validation de l’autorisation d’urbanisme et le bénéficiaire de celle-ci doit donc s’acquitter de cette taxe à réception du ou des titre(s) de perception, c’est-à-dire en deux fois à douze et vingt quatre mois lorsque le montant de la taxe dépasse les 1 500€. En une fois à douze mois en-dessous de cette somme.

Voici donc une explication plus approfondie de la Taxe d’aménagement, des bases d’imposition qui la sous-tendent et des possibilités d’abattements existantes en neuf comme en travaux sur existant.
Au-delà de ces abattements, le législateur a prévu certaines possibilités d’exonérations.

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